Le Gabon emprunte à 9,375 %, loin des 12,7 % de février 2025
En dix-sept mois, la prime de risque payée par l'État s'est effondrée et l'emprunt du 30 juillet a été largement sursouscrit.
Le 30 juillet 2026, le Gabon a levé 920 millions de dollars sur les marchés internationaux, avec un coupon de 9,375 %. L'émission a été largement sursouscrite, signe que les investisseurs reprennent confiance dans la signature de l'État. Le chiffre à retenir n'est pas le taux lui-même, encore élevé, mais la trajectoire : 12,7 % il y a dix-sept mois, 9,375 % aujourd'hui.

Neuf virgule trois cent soixante-quinze pour cent. Replacé dans le temps, ce chiffre raconte une histoire forte : celle d'un pays qui regagne, mois après mois, la confiance des marchés.
Une chute vertigineuse de la prime de risque
En février 2025, le Gabon avait dû payer 12,7 % pour refinancer 570 millions de dollars, du jamais-vu pour un État africain sur ce type d'émission. La prime de risque exigée par les investisseurs dépassait alors 1 100 points de base à la mi-janvier 2026, avant de retomber autour de 750 points dès février. Dix-sept mois plus tard, le 30 juillet 2026, le Trésor gabonais a levé 920 millions de dollars à 9,375 %, un niveau très inférieur aux 11 à 13 % que redoutait le Parlement lui-même lors du débat d'orientation budgétaire de juin.
L'émission est structurée en titres amortissables, avec une échéance finale en 2033 et un différé de trois ans avant le début des remboursements. Ce montage n'est pas un détail technique : il allège le mur de dette que le Gabon devait affronter entre 2026 et 2027, en étalant la charge plutôt qu'en la concentrant sur les prochaines années.
Mieux que ses voisins, à note comparable
Le contexte régional donne la mesure du résultat. La République démocratique du Congo a récemment emprunté à 9,5 %, le Congo-Brazzaville à près de 10 %, le Cameroun à plus de 10 %. À notation comparable, le Gabon obtient donc de meilleures conditions que chacun de ses voisins, un signal que les investisseurs internationaux ne distribuent pas par sympathie mais par calcul.
Ce redressement de la signature de l'État s'appuie sur un argument concret : en 2025, le Gabon a remboursé 2 565,4 milliards de FCFA de service de la dette sans un jour de retard sur son eurobond. C'est ce genre de ponctualité, répétée, qui finit par convaincre des marchés d'ordinaire méfiants.
À quoi servira l'argent
Les fonds levés, conformément à la loi de finances rectificative promulguée le 17 juillet, financeront des projets d'investissement publics et l'apurement d'arriérés, souvent dus à des entreprises gabonaises qui attendaient d'être payées. C'est un levier concret pour desserrer les contraintes budgétaires et relancer l'investissement.
La suite se joue aussi côté institutionnel : le Gabon a déposé une demande de programme auprès du Fonds monétaire international le 11 mars 2026, une mission de revue est attendue en septembre, avec l'objectif d'aboutir à un programme avant la fin de l'année. Ce calendrier consolidera encore la confiance des créanciers pour les prochaines levées de fonds.
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