La SEEG scindée en deux : eau et électricité bientôt séparées
Le gouvernement dévoile sa feuille de route pour diviser la société nationale d'eau et d'énergie en deux entités distinctes.
Le gouvernement a présenté sa feuille de route pour scinder la SEEG en deux entités distinctes, l'une dédiée à l'eau, l'autre à l'électricité. Une réforme structurelle présentée comme le levier central pour atteindre l'accès universel à ces deux services, pilier affiché du septennat en cours.

Depuis des décennies, la SEEG gère sous un même toit deux métiers pourtant très différents : capter, traiter et distribuer l'eau potable d'un côté, produire et acheminer l'électricité de l'autre. Le gouvernement a annoncé vouloir séparer ces deux activités en créant deux entités distinctes, chacune dédiée à son propre réseau.
Pourquoi séparer ce qui marchait ensemble
L'argument avancé est celui de la spécialisation. Une entité concentrée uniquement sur l'eau et une autre uniquement sur l'électricité peuvent, en théorie, piloter plus finement leurs investissements, leur maintenance et leurs recrutements techniques, sans arbitrage permanent entre deux métiers aux besoins parfois contradictoires. C'est un schéma déjà pratiqué dans plusieurs pays où les opérateurs historiques intégrés ont fini par se scinder, justement pour gagner en efficacité sectorielle.
Le gouvernement inscrit cette réforme dans un objectif plus large : l'accès universel à l'eau potable et à l'électricité, présenté comme le premier pilier du septennat du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Autrement dit, la scission n'est pas une fin en soi mais un outil censé accélérer les raccordements, notamment dans les zones encore mal desservies, à Libreville comme dans les provinces.
Ce que cela change concrètement
Pour l'usager, l'enjeu se mesure à deux aunes : la régularité de l'approvisionnement et la rapidité des interventions en cas de panne. Une structure dédiée à l'eau, sans avoir à composer avec les urgences électriques, et inversement, pourrait en théorie réduire les délais de réparation et mieux cibler les investissements dans les réseaux vieillissants.
Reste que cette réforme touche à l'organisation d'une entreprise qui emploie des milliers de salariés et gère des infrastructures vitales pour tout le pays. Le calendrier précis de la mise en œuvre, les modalités de transition pour le personnel et le financement des deux futures structures n'ont pas encore été détaillés publiquement. Le gouvernement a néanmoins fait de cette feuille de route une étape officielle du processus, ouvrant la voie aux prochaines annonces sur son exécution.
Un chantier à suivre
La réussite de cette scission se jugera moins sur son annonce que sur ses effets mesurables : nombre de nouveaux foyers raccordés à l'eau, réduction des coupures d'électricité, délais d'intervention sur le terrain. Ce sont ces indicateurs concrets que les Gabonais scruteront dans les mois qui viennent, à mesure que les deux entités prendront forme.
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