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Économie

Gabon-Eramet : un accord-cadre pour transformer plus de manganèse sur place

À Paris, Libreville et le groupe minier posent les bases d'une nouvelle étape dans la transformation locale du manganèse gabonais.

Un accord-cadre a été signé entre le Gabon et Eramet, en marge d'une visite du président Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris. Le texte doit fixer les conditions d'un développement accru de la transformation locale du manganèse, ressource dont le pays est déjà l'un des premiers producteurs mondiaux.

Site minier de manganèse à Moanda au Gabon, avec infrastructures d'extraction visibles
Gouvernement gabonais

Un accord né de plusieurs mois de discussions

L'annonce est tombée en marge d'un déplacement à Paris du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon nos informations, cet accord-cadre entre l'État gabonais et le groupe minier Eramet est l'aboutissement de plusieurs mois de négociations. Il s'inscrit dans la continuité d'une politique engagée depuis plusieurs années par Libreville pour capter davantage de valeur sur son minerai phare.

Le manganèse est aujourd'hui l'un des piliers de l'économie gabonaise, aux côtés du pétrole et du bois. Le pays figure parmi les tout premiers producteurs mondiaux, avec une extraction concentrée autour de Moanda, dans le Haut-Ogooué, où Eramet opère via sa filiale Comilog. Jusqu'ici, l'essentiel du minerai extrait partait brut ou faiblement transformé vers les usines de sidérurgie à l'étranger, notamment en Chine et en Europe.

Ce que change la transformation locale

Transformer davantage sur place, c'est produire au Gabon des alliages ou des produits semi-finis à base de manganèse, plutôt que d'exporter la matière première telle qu'elle sort du sol. Concrètement, cela signifie plus d'usines, plus d'emplois industriels qualifiés et une part plus grande de la valeur ajoutée qui reste dans le pays, au lieu de profiter aux transformateurs installés ailleurs.

C'est le sens de la stratégie de transformation locale que l'État gabonais porte depuis plusieurs années, déjà à l'œuvre dans d'autres filières comme le bois, où l'interdiction d'exporter des grumes brutes a fait émerger une industrie locale de sciage et de placage. Appliquée au manganèse, cette logique vise à faire du Gabon davantage qu'un simple fournisseur de matière première.

Des engagements encore à préciser

Le communiqué gouvernemental ne détaille pas, à ce stade, le calendrier ni les montants d'investissement associés à cet accord-cadre. Un accord-cadre fixe généralement les grands principes d'un partenariat — objectifs, gouvernance, échéances de mise en œuvre — avant que des accords plus techniques ne viennent en préciser les modalités concrètes.

Pour les communautés du Haut-Ogooué, où l'exploitation minière rythme la vie économique depuis des décennies, la question centrale reste celle des retombées concrètes : combien d'emplois industriels créés, quelles infrastructures accompagnant une éventuelle nouvelle usine, et selon quel calendrier. Ces éléments devront être précisés dans les prochaines étapes de mise en œuvre de l'accord, à mesure que le partenariat entre l'État et le groupe minier se déploiera.

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