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Économie

Gabon-BAD : Oligui Nguema exige des résultats concrets, pas que des milliards

Le Chef de l'État a reçu le président de la Banque africaine de développement pour recentrer la coopération sur l'eau, l'électricité et l'agriculture.

Reçu en audience à Libreville, le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a échangé avec Brice Clotaire Oligui Nguema sur l'avenir du portefeuille de la BAD au Gabon. Le message du Chef de l'État est sans ambiguïté : les financements doivent désormais se traduire par des infrastructures que les Gabonais voient et utilisent au quotidien.

Le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema serrant la main du président de la BAD Sidi Ould Tah
Le Président de la République a reçu le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, pour recentrer la coopération sur des projets à impact direct.

L'audience s'est tenue en présence de Nouredine Kane Dia, représentant résident de la BAD au Gabon, dans un format classique de coopération bilatérale. Mais le fond des échanges marque un changement de cap assumé par la présidence gabonaise.

Trois secteurs prioritaires, un objectif d'impact

L'eau, l'électricité et l'agriculture concentrent désormais l'attention. Ce choix n'est pas anodin : ce sont les trois domaines où le déficit d'infrastructures pèse le plus directement sur la vie quotidienne des ménages, des exploitants agricoles et des petites entreprises. La filière avicole a également été évoquée comme axe de développement, un secteur qui pourrait réduire la dépendance du pays aux importations de volaille.

Ce recentrage traduit une volonté claire : sortir de la logique du financement pour le financement. Chaque franc CFA engagé par la BAD doit désormais correspondre à un ouvrage identifiable, une amélioration mesurable dans l'accès à un service essentiel.

Un état des lieux du portefeuille avant tout

Les deux dirigeants ont d'abord fait le point sur l'état du portefeuille existant de la BAD au Gabon, c'est-à-dire l'ensemble des projets déjà financés ou en cours d'exécution par l'institution panafricaine dans le pays. Cette revue permet d'identifier les retards éventuels, les projets à accélérer et ceux qui nécessitent un déblocage administratif ou financier.

La BAD est un bailleur multilatéral de référence pour les infrastructures en Afrique, et le Gabon compte parmi ses partenaires historiques. La nouveauté ne réside pas dans le montant des engagements, mais dans la méthode de suivi exigée par Libreville.

Ce que cela change pour les Gabonais

Si cette orientation se concrétise, les prochains mois devraient permettre de mesurer l'avancement réel des chantiers liés à l'eau et à l'électricité dans les zones qui en manquent encore, notamment en périphérie des grandes villes et dans certaines localités de l'intérieur. Le développement de la filière avicole, s'il aboutit, pourrait aussi se traduire par une baisse progressive du prix du poulet sur les étals, un produit largement importé aujourd'hui.

La prochaine étape sera l'annonce d'un calendrier ou d'engagements précis sur ces trois secteurs, qui permettra de vérifier la traduction concrète de cette rencontre.

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