Eau potable en Afrique : le sommet de N'Djamena qui concerne aussi le Gabon
Deux jours pour transformer les promesses hydriques africaines en projets concrets, avec la Banque mondiale en soutien.
N'Djamena accueille ce mercredi et jeudi le Forum africain de l'eau, un sommet coorganisé avec la Banque mondiale sous le thème « De la vision à l'action ». Décideurs et experts du continent y débattent d'un enjeu qui ne se limite pas au Tchad : comment garantir, enfin, un accès fiable à l'eau potable pour des populations encore trop nombreuses à en manquer. Un dossier que le Gabon, malgré ses réserves hydriques abondantes, suit avec un intérêt loin d'être théorique.

La capitale tchadienne s'est transformée, pour deux jours, en carrefour diplomatique de l'eau. Le Forum africain de l'eau réunit des délégations venues de plusieurs pays du continent, dans un format resserré autour d'un mot d'ordre clair : passer des discours aux actes. La coorganisation avec la Banque mondiale n'est pas un détail protocolaire, elle signale que des financements et des mécanismes techniques concrets sont attendus à l'issue des travaux.
Un sujet loin d'être abstrait pour l'Afrique
L'accès à l'eau potable reste, selon nos informations, l'une des préoccupations majeures identifiées par les organisateurs pour de nombreux pays africains. Ce n'est pas une nouveauté statistique inventée pour l'occasion : le sujet revient à chaque grand rendez-vous continental sur les ressources naturelles, précisément parce que les progrès restent inégaux selon les régions, les saisons et les capacités d'investissement des États.
La sécurité hydrique, c'est-à-dire la capacité d'un territoire à garantir un approvisionnement suffisant, fiable et de qualité en eau, dépend autant des infrastructures que de la gouvernance et du climat. C'est précisément l'articulation entre ces trois piliers que le forum de N'Djamena entend interroger, avec l'appui technique et financier d'une institution comme la Banque mondiale, habituée à structurer des prêts et des programmes d'investissement dans ce secteur.
Pourquoi Libreville regarde ce rendez-vous
Le Gabon dispose de ressources en eau douce parmi les plus généreuses du continent, grâce à un réseau hydrographique dense et une pluviométrie abondante. Mais la disponibilité de la ressource ne garantit pas, à elle seule, l'accès effectif à l'eau potable dans tous les quartiers de Libreville, Port-Gentil ou des localités de l'intérieur : les réseaux de distribution, la maintenance et le financement des infrastructures restent des chantiers permanents pour les pouvoirs publics et les opérateurs du secteur.
Les forums de ce type sont aussi l'occasion, pour les délégations présentes, de comparer les modèles de gouvernance de l'eau, d'échanger sur les mécanismes de financement innovants et de nouer des contacts utiles pour de futurs partenariats. C'est dans ce registre - le partage d'expérience et l'accès potentiel à des instruments financiers multilatéraux - que ce genre de rencontre peut, à terme, avoir une retombée concrète pour un pays comme le Gabon, même sans y être au centre des discussions.
De la vision à l'action : le pari du forum
Le thème retenu, « De la vision à l'action », résume l'ambition affichée par les organisateurs : sortir des déclarations de principe pour aboutir à des engagements mesurables. Reste à savoir quels compromis concrets émergeront de ces deux journées de travaux, et quels pays en tireront des financements ou des appuis techniques nouveaux.
Ce forum ne changera pas, du jour au lendemain, la situation de l'accès à l'eau sur le continent. Mais il rappelle une évidence trop souvent reléguée au second plan derrière les grandes annonces énergétiques ou minières : sans eau potable fiable, aucun développement économique ou sanitaire durable n'est possible. Un rappel qui vaut aussi, à sa mesure, pour les politiques publiques gabonaises de distribution d'eau.
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