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Économie

Digitalisation des écoles : le Gabon fixe enfin ses règles du jeu

Un atelier national planche sur le décret d'application de la loi qui encadre l'enseignement numérique au Gabon.

Depuis mardi, à Libreville, un atelier national réunit plusieurs ministères pour élaborer le cadre réglementaire de la digitalisation de l'enseignement au Gabon. Trois jours de travaux pour transformer un texte de loi voté en 2025 en outils concrets applicables dans les salles de classe.

Ouverture d'un atelier gouvernemental sur la digitalisation de l'enseignement au Gabon
L'atelier national sur la digitalisation de l'enseignement s'est ouvert mardi à Libreville, en présence de plusieurs membres du gouvernement.

Une loi qui attendait son mode d'emploi

L'ordonnance n° 007/PR/2025, signée le 27 janvier 2025 et ratifiée par la loi n° 017/2025 du 23 octobre 2025, pose déjà le principe : la digitalisation de l'enseignement devient un cadre légal en République gabonaise. Mais une loi sans décrets d'application reste souvent lettre morte. C'est tout l'enjeu de cet atelier ouvert ce mardi à Libreville, sous la houlette du ministère de l'Éducation nationale : traduire le texte en règles opérationnelles.

Le choix des participants en dit long sur l'ambition du projet. Autour de la ministre d'État Camélia Ntoutoume Leclercq, on retrouve le ministre de l'Économie numérique Mark Alexandre Doumba, celui de l'Enseignement supérieur, le Pr Charles Edgar Mombo, ainsi que la ministre du Travail Jacqueline Ilogue. Cette transversalité gouvernementale signale que le sujet dépasse la seule salle de classe : il touche aussi à l'équipement numérique du pays, à la formation des enseignants du supérieur et, plus largement, à l'employabilité des futurs diplômés.

Ce que ça change concrètement

Pour les familles gabonaises, la digitalisation de l'enseignement n'est pas qu'un mot à la mode. Elle peut désigner des supports pédagogiques numériques, des plateformes d'apprentissage à distance ou encore une meilleure connexion entre les établissements scolaires et les administrations. Mais tout dépend des modalités précises que cet atelier doit fixer d'ici vendredi : qui finance les équipements, quelles compétences numériques deviennent obligatoires pour les enseignants, comment garantir l'accès dans les zones les moins connectées.

Ces questions sont d'autant plus sensibles que le Gabon reste marqué par des disparités d'accès à internet entre Libreville et les provinces de l'intérieur. Un cadre réglementaire ambitieux sur le papier ne vaudra que ce que vaudra son déploiement effectif sur le terrain, notamment via les infrastructures que pilote le ministère de l'Économie numérique.

Trois jours pour poser les bases

L'atelier se poursuit jusqu'au 23 juillet. Ses conclusions devraient déboucher sur des textes d'application permettant une mise en œuvre progressive dans les établissements. Reste à savoir si un calendrier précis de déploiement, avec des jalons mesurables, sera annoncé à l'issue des travaux — c'est cette étape qui dira si la digitalisation de l'école gabonaise passe du texte de loi à la réalité des classes.

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