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Économie

Bois gabonais : la BEAC prévoit un troisième repli d'affilée en 2026

La banque centrale table sur 3,1 millions de m³ de production en 2026, confirmant trois années consécutives de baisse pour la filière bois.

La Banque des États de l'Afrique centrale table sur une production de bois de 3,1 millions de mètres cubes au Gabon en 2026. Un chiffre qui confirme une tendance baissière amorcée depuis trois ans déjà, dans un secteur longtemps considéré comme le deuxième pilier de l'économie nationale après le pétrole.

Grumes de bois empilées sur un site d'exploitation forestière au Gabon
La filière bois, deuxième secteur d'exportation du Gabon après le pétrole, traverse une période de ralentissement prolongé.

Le repli n'est plus un accident de parcours, c'est devenu une trajectoire. Selon les projections de la BEAC, la production nationale de bois gabonais devrait atteindre 3,1 millions de mètres cubes en 2026, confirmant un troisième exercice consécutif de contraction pour une filière qui pesait autrefois lourd dans les exportations non pétrolières du pays.

Un secteur sous pression depuis trois ans

Ce chiffre ne surgit pas de nulle part. Il s'inscrit dans une dynamique baissière entamée depuis 2023, année où le secteur avait déjà commencé à donner des signes d'essoufflement. Les raisons exactes de ce ralentissement prolongé restent à documenter précisément, mais la régularité du phénomène sur plusieurs exercices suggère des causes structurelles plutôt qu'un simple accident conjoncturel.

La filière bois occupe une place particulière dans l'économie gabonaise : deuxième secteur d'exportation derrière les hydrocarbures, elle fait vivre des milliers de familles, des grumiers de la Ngounié aux scieries d'Owendo. Un tel repli n'est donc jamais neutre. Il se répercute sur l'emploi, sur les recettes en devises et sur la balance commerciale d'un pays qui cherche justement à diversifier ses sources de revenus.

Ce que cela change concrètement

Pour les opérateurs du secteur, cette prévision de la BEAC agit comme un signal d'alerte précoce. Elle invite à anticiper plutôt qu'à subir : ajuster les plans d'exploitation, revoir les volumes de transformation locale, ou encore accélérer les investissements dans la valorisation du bois transformé plutôt que brut, seul moyen de capter davantage de valeur ajoutée malgré des volumes en baisse.

Pour les finances publiques, chaque point de recul de la production de bois pèse sur les recettes fiscales et douanières liées à la filière, à un moment où le pays cherche à consolider ses ressources non pétrolières. Une production stagnante ou en repli complique aussi les objectifs de diversification économique portés par les autorités depuis plusieurs années.

Une prévision à confirmer

Cette estimation provient d'une seule source institutionnelle à ce stade, et il conviendra de la recouper avec les statistiques sectorielles officielles à mesure qu'elles seront publiées. Les projections de la banque centrale, aussi crédibles soient-elles, restent des anticipations et non des chiffres définitifs. Reste que la répétition du phénomène sur trois années consécutives donne du poids à ce diagnostic : la filière bois gabonaise traverse une phase de réajustement qui appelle une réponse structurelle plus qu'une simple correction ponctuelle.

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