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Économie

Billets d'avion chers : un groupe de travail planche sur les taxes

Le ministère des Transports engage une révision des taxes aériennes tandis qu'une contribution distincte finance la sécurisation des vols internationaux.

Le prix des billets d'avion pèse sur les voyageurs et sur un secteur touristique déjà fragilisé par le départ de compagnies comme Royal Air Maroc ou Turkish Airlines. Le ministère des Transports a mis en place un groupe de travail interministériel chargé d'identifier les taxes sans valeur ajoutée pour les supprimer, distinguant ce chantier d'une nouvelle contribution liée à la sécurité aérienne internationale.

Passagers à un comptoir d'enregistrement dans un aéroport
Le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.

La cherté du billet d'avion n'est pas un ressenti isolé. Voyageurs réguliers, opérateurs touristiques, diaspora qui rentre au pays : tous pointent depuis des années le même écueil, un tarif qui dissuade et freine la fréquentation. Le retrait de compagnies comme Royal Air Maroc ou Turkish Airlines du ciel gabonais, ces dernières années, a nourri ce constat sans jamais vraiment produire de réponse publique claire.

Un groupe de travail pour trier les taxes

C'est ce vide que le ministère des Transports vient combler. Dans un communiqué diffusé le 7 juillet, le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi précise qu'un groupe de travail interministériel a été constitué pour passer au crible l'ensemble des taxes appliquées au transport aérien. L'objectif affiché est simple à comprendre : repérer celles qui n'apportent aucune valeur ajoutée au secteur et les supprimer, pour ne pas alourdir inutilement le prix payé par les usagers.

Cette démarche répond directement à ce que réclament depuis longtemps les acteurs du tourisme. Elle ne s'accompagne d'aucun calendrier détaillé à ce stade, mais son existence même change la donne : le sujet n'est plus seulement débattu, il est instruit par l'administration.

Une contribution distincte, réservée aux vols internationaux

Le communiqué ministériel prend soin de désamorcer une confusion qui circulait. Une nouvelle contribution a bien été instaurée, mais elle ne concerne que les voyageurs internationaux : les vols intérieurs n'y sont pas soumis. Elle découle d'un accord signé le 21 mai entre le ministère des Transports et la société Securiport LLC.

Cette contribution finance le déploiement du système API-PNR, un dispositif de collecte et d'analyse anticipée des données passagers conforme aux recommandations de l'Organisation de l'aviation civile internationale. Concrètement, il permet aux autorités de vérifier en amont l'identité des voyageurs avant leur arrivée, un outil désormais standard dans nombre d'aéroports internationaux pour renforcer le contrôle des frontières et lutter contre la criminalité transnationale, le trafic de stupéfiants et le terrorisme.

Deux chantiers, deux objectifs

La distinction posée par le ministère est donc claire : d'un côté, un travail de simplification fiscale pensé pour alléger la facture des passagers ; de l'autre, un investissement sécuritaire ciblé sur les flux internationaux, sans lien avec le prix du billet intérieur.

Pour les usagers gabonais et les professionnels du tourisme, la question qui reste posée est celle du calendrier et de l'ampleur des suppressions de taxes à venir. Le groupe de travail interministériel devra désormais transformer ce diagnostic en mesures concrètes, seule façon de mesurer un effet réel sur le prix payé au guichet.

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