Air France et Fly Gabon vers un accord de partage de codes
À Paris, le chef de l'État a poussé un rapprochement commercial entre les deux compagnies, censé faciliter l'accès du Gabon au réseau international.
Reçu à Paris dans le cadre de sa visite d'État, Brice Clotaire Oligui Nguema a accordé une audience à la directrice générale d'Air France, Anne Rigail. Au menu : un accord de partage de codes entre la compagnie française et Fly Gabon, présenté comme un levier pour la connectivité aérienne du pays et sa desserte vers l'Europe.

Sur le papier, c'est un rendez-vous technique. Dans les faits, c'est une pièce du puzzle économique que le Gabon tente d'assembler à Paris. Lors de sa visite d'État, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu Anne Rigail, la directrice générale d'Air France, pour discuter d'un rapprochement entre la major française et Fly Gabon, la compagnie nationale relancée ces dernières années.
Ce que change un partage de codes
Un accord de partage de codes, en langage clair, permet à deux compagnies de vendre des billets sur les mêmes vols sous leurs propres numéros. Concrètement, un passager pourrait réserver un trajet combiné Libreville-Paris-au-delà en un seul billet, avec une correspondance mieux coordonnée entre Air France et Fly Gabon. Pour le Gabon, l'enjeu est moins le confort du voyageur que l'accès au réseau mondial d'Air France, qui dessert plus de 190 destinations : sans ce type d'accord, une petite compagnie régionale reste isolée sur son marché domestique.
Les échanges à Paris s'inscrivent dans une série de rencontres économiques tenues en marge du déplacement présidentiel. Selon nos informations, l'accord est attendu avant la fin de l'année, sans que les modalités financières ou opérationnelles n'aient été précisées à ce stade.
Un pari sur la connectivité régionale
Pour Fly Gabon, l'intérêt dépasse la seule ligne Paris-Libreville. Adossée à un partenaire capable d'apporter du trafic en correspondance, la compagnie gabonaise pourrait consolider ses propres liaisons régionales, un maillon jugé stratégique pour le désenclavement économique du pays et pour l'attractivité de Libreville comme point de transit en Afrique centrale. Aucun accord n'est encore signé : les discussions se poursuivent, et leur aboutissement dépendra des négociations commerciales entre les deux transporteurs.
Cette rencontre s'est tenue dans le cadre plus large d'une visite d'État marquée par un dispositif protocolaire inhabituel, drapeaux gabonais et français hissés côte à côte à Paris, signe de l'importance accordée par les deux capitales à ce déplacement.
Ce qu'il faut suivre
Si l'accord se concrétise, ses effets ne seront pas immédiats : mise en place des systèmes de réservation partagés, ajustement des grilles tarifaires, calendrier des vols. Les voyageurs gabonais et la diaspora, premiers concernés par la desserte vers l'Europe, sauront dans les prochains mois si la promesse tient. D'ici là, c'est surtout un jalon diplomatique de plus dans une visite d'État où l'économique a pris le pas sur le seul symbole.
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